Andrée Putman: une vie en noir et blanc


Andrée Putman: une vie en noir et blanc.I-Grande-22461-andree-putman-ambassadrice-du-style.net
Atypique, égratignée par la vie, celle qui se définissait comme le «mouton noir des moutons noirs» a donné une nouvelle dimension à la décoration. Elle est décédée samedi matin à l’âge de 87 ans.
Designer française de renom, Andrée Putman, qui est décédée samedi à Paris à l’âge de 87 ans, a signé de son style épuré et élégant des hôtels, restaurants et boutiques chics, mais aussi des bureaux de ministres et des objets de la vie de tous les jours. Avec beaucoup de rigueur, de classe et un soupçon de fantaisie : la « grande dame du design » aimait à se définir comme une « touche-à-tout », une « exploratrice » toujours en quête de « nouveaux territoires ». Son style ? Viser l’intemporel. La créatrice se plaisait à mêler les époques, les matériaux. Avec deux éléments essentiels pour elle : la lumière et l’espace. Noir, blanc, beige, gris, parfois un bleu Klein : la palette de couleurs était sobre.

Elle a aménagé l’intérieur du Concorde, signé l’architecture intérieure d’hôtels prestigieux, de musées, travaillé avec les plus grands noms de la couture, édité un mobilier réduit à l’essentiel et réédité des pièces de créateurs des années 1920-30 tels Jean-Michel Franck, Mallet-Stevens ou Eileen Gray, devenues aujourd’hui des icônes, créé des bijoux pour Christofle…Mais Andrée Putman n’était pas pour autant un touche-à-tout de génie. C’était une allure, un style, rigoureux et dépouillé, une culture et une certaine idée de l’élégance. Sa voix un peu rauque, grillée par les gitanes, s’est éteinte ce matin. La grande dame du design avait 87 ans.

Issue d’une famille recomposée de grands intellectuels bourgeois, elle se considérait comme «le mouton noir de moutons noirs». Atypique, égratignée par la vie mais aussi lumineuse. Ce qui la caractérisait? «Sa curiosité, son ouverture d’esprit, son humanisme. Elle se comportait en sociologue», assure Olivia Putman, sa fille. Ce qui lui permit de fréquenter, avec la même aisance, les milieux politiques, artistiques et le Palace dont elle sera l’une des égéries.Andree Putman Salle de bains hotel Morgans

Elle ne dessine pas mais elle capte tout

Dès les années 70-80, André Putman donne une nouvelle dimension à la notion de décoration qu’elle envisage comme une réflexion sur l’espace, le volume, la lumière, à une époque où l’on se contentait d’assortir rideaux, canapés et papiers peints. Elle ne dessine pas, mais elle capte tout. Seuls son intuition, ses yeux grands ouverts sur le monde, sa connaissance des gens la guident. Comme une évidence, elle imposera le blanc, le noir, le gris dans la maison et sortira la salle de bains de son ghetto hygiéniste pour en faire une pièce à vivre à part entière.

Les projets dont elle était la plus fière? Ceux qui émanaient de belles rencontres humaines comme ce fût le cas avec Steeve Rubell, ex propriétaire du Club 54, pour lequel elle relooke l’hôtel Morgans, pour en faire le premier boutique hôtel. «Fière» est un bien grand mot car ses projets préférés étaient toujours ceux à venir, poursuit Olivia Putman. Elle aimait mettre en avant l’artisanat, faire prendre conscience de la beauté intrinsèque de matériaux simples comme le carton ondulé ou le grès ceram.

Source AFPphoto-Putman-500x364

 

KOURSI

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